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I normally don't do things like this...

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TAG UR IT! THIS IS A SEXYY TRAIN IF U RECIEVE THIS IT MEANS
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12/5/05 - Acquisitions - Montréal, Musée des Beaux-Arts - Plusieurs tableaux anciens ont été acquis récemment par le musée canadien, dont il faut rappeler qu'il est dirigé par un conservateur français, Guy Cogeval.
Le premier1, est une toile inédite de Jacques Stella (ill. 1). Son sujet est particulièrement rare. Il représente un épisode venant après la déposition et avant la mise au tombeau, L'Embaumement du Christ. La coutume juive voulait en effet que le corps fut enduit d'onguents avant d'être inhumé (scène préfigurée par la Madeleine versant du parfum sur les pieds du Christ). Cet épisode est décrit dans l'Evangile de saint Jean (19-40). D'un grand recueillement et d'une forte intensité spirituelle, cette œuvre de Stella nouvellement découverte est sans doute l'une de ses plus émouvantes. Un dessin préparatoire, conservé dans une collection privée (ill. 2), ne montre que peu de variantes avec la composition définitive2.
Jacques Stella - L'embaumement du Christ, vers 1655 - Montréal, Musée des Beaux-Arts Jacques Stella - L'embaumement du Christ, vers 1655 - Collection particulière

1. Jacques Stella
L'embaumement du Christ, vers 1655
Huile sur toile - 50,5 x 61,2 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
© Musée des Beaux-Arts de Montréal


2. Jacques Stella
L'embaumement du Christ, vers 1655
Lavis d'encre grise - 24,6 x 30,5 cm
Collection particulière
Photo : Galerie Eric Coatalem, Paris

Un deuxième tableau français du XVIIe siècle, lui aussi inconnu jusqu'à aujourd'hui, est venu enrichir les collections du musée. Il s'agit de la Nativité de Charles Poerson (ill. 3). Cette toile est très proche d'une peinture conservée au Musée Carnavalet à Paris, de taille sensiblement égale, reprenant la composition d'une des tapisseries faisant partie de la Tenture de la Vie de la Vierge (datée de 1652-1657). On peut s'interroger, comme les auteurs de la monographie sur Charles Poerson3, à propos du statut de cette œuvre : est-elle une maquette ou un ricordo ? Que la composition soit inversée par rapport à la tapisserie ne signifie pas forcément qu'il s'agisse d'un modello pour le grand carton, car une réplique aurait pu être réalisée tout aussi bien d'après ce dernier que d'après la pièce de la tenture. C'est, en tout cas, un élément supplémentaire à verser au dossier de cette grande commande.
Poerson - Nativité.jpg (58413 octets)

3. Charles Poerson
Nativité
Huile sur toile - 54 x 64,3 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
© Musée des Beaux-Arts de Montréal

Troisième tableau religieux du XVIIe siècle, d'un peintre ayant travaillé à Paris, mais de nationalité flamande, une Déposition de croix de Pieter Van Mol4 (ill. 4) a également fait son entrée au musée de Montréal. Cette grande toile, sans doute un retable, précédemment attribuée à Artus Wolffort par Hans Vlieghe a été plutôt rendue à Van Mol par comparaison avec les œuvres de même sujet conservées au musée du Louvre et au musée des Beaux-Arts de Reims. Ces trois tableaux présentent en tout cas des caractères communs : une évocation de l'art d'Otto Van Veen, maître et premier inspirateur de Rubens, une influence atténuée du caravagisme et un certain classicisme qui ne nuira pas à l'artiste dans la France du second tiers du XVIIe siècle. Notons que Van Mol fit partie en 1648 des douze fondateurs de l'Académie Royale de peinture et de sculpture et que sa paternité dans le décor de la chapelle Saint-Jacques de l'église Saint-Joseph des Carmes à Paris a récemment été contestée5.
Van Mol - Deposition.jpg (29527 octets)

4. Pieter van Mol
Huile sur toile - 200 x 159,4 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie Jack Kilgore, New York

Pour conclure ce bref aperçu des dernières acquisitions du musée des Beaux-Arts du Canada, notons enfin l'entrée dans ses collections, en 20036, d'une Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste, de Gottfried Schalcken (ill. 5), donnée par Michal et Renata Hornstein en l'honneur de Guy Cogeval, et d'une grande grisaille de François Boucher, L'Assomption (ill. 6).

Gottfried Schalcken - Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste - Montréal, Musée des Beaux-Arts


François Boucher - Assomption de la Vierge - Montréal, Musée des Beaux-Arts

4. Gottfried Schalcken
Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste, vers 1700
Huile sur toile - 116,3 x 85,9 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
© Musée des Beaux-Arts de Montréal


5. François Boucher
Assomption de la Vierge, vers 1700
Huile sur toile - 143,2 x 75,3 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
© Musée des Beaux-Arts de Montréal

1. Acquis de la galerie Coatalem à Paris.
2. Ce dessin a été également vendu par la galerie Coatalem.
3. Barbara Brejon de Lavergnée, Nicole de Reyniès, Nicolas Sainte Fare Garnot, Charles Poerson 1609-1667, Arthéna, Paris, 1997, p. 160. La Nativité acquise par Montréal provient de la galerie Coatalem.
4. Ce tableau a été acquis de la galerie Jack Kilgore à New York.
5. Alexis Merle du Bourg, Peter Paul Rubens et la France, Edition Septentrion Presses Universitaires, Villeneuve d'Ascq, 2004. Voir la recension de ce livre sur notre site.
6. Pour d'autres acquisitions du Musée des Beaux-Arts de Montréal en 2003, voir la brève du 22/10/03.

Le regard, profil d'homme, un rare Odilon Redon pour les collections de Rennes

10/5/05 – Acquisition - Rennes, Musée des Beaux-Arts - Entre 1900 et 1901, Odilon Redon a réalisé la décoration de la salle à manger du château de Domecy à Sermizelles en Bourgogne. Le cycle complet des quinze panneaux est aujourd'hui conservé au musée d’Orsay1, mais, dans une lettre à André Bonger en 1901, Redon en projetait dix-huit. De format plus réduit et quasiment inédite, l’œuvre acquise par la ville de Rennes2 est à mettre en rapport avec cette commande, peut-être un projet de dessus-de-porte non réalisé. Elle provient de la collection de Robert de Domecy, via ensuite une collection privée américaine. La mise en page étonnante, comme si la figure sortait de terre, le regard mélancolique, et l'énigmatique coulée de fleurs donnent ce caractère mystique et inquiétant propre à l'artiste. Détaché sur le même fond jaune-or que dans les tableaux d'Orsay, le personnage est inspiré d’une illustration de Léonard de Vinci dans le Traité de Peinture. Il peut être rapproché d’un dessin et d’un tableau portant ce même titre Le Regard (tous deux du legs Ary Redon de 1982 au Musée d’Orsay, respectivement en dépôt au Cabinet des dessins du Louvre et au Palais des Beaux-Arts de Lille), où la tête est identique mais où le corps est vu en buste de trois-quarts dos, ainsi qu’avec une autre œuvre anciennement dans la collection de Denys Sutton.

Odilon Redon
Le Regard, profil d’homme
Huile sur toile - 35,5 x 58,5 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : Patrick Merret

Les liens de Redon avec la Bretagne sont notoires. Ses séjours marquent des tournants dans son parcours : en juillet 1871, au début de la série des « noirs » ; en 1880, lors de son voyage de noce, moment où il exécute ses premiers pastels, et encore en 1883 lors de la préparation de la série de lithographies Les Origines. Redon est un admirateur précoce de Paul Gauguin et au début du XXe siècle, il entretient des liens amicaux avec la plupart des peintres de Pont-Aven et des Nabis, qui le considèrent comme l’un des leurs. Tous sont déjà bien représentés à Rennes. Autant dire que Redon y a sa place. Le nouveau conservateur, Francis Ribemont, souhaite orienter les achats vers des œuvres importantes, en additionnant les crédits de plusieurs exercices s’il le faut, et aimerait privilégier le XIXe siècle moins présent dans les collections que le XVIIe ou le XXe siècle. On ne s’étonnera pas, au vu de la programmation des expositions du musée3, qu’il donne une priorité au Symbolisme, ce mouvement permettant d'engager une transition entre le réalisme et les Avant-Gardes.

Par ailleurs, il faut signaler l’enrichissement majeur que constitue le dépôt à Rennes de 22 dessins de la Renaissance italienne dans l’ensemble acquis par l’Etat grâce au mécénat du groupe Carrefour4.

1. Acquis en 1988 par dation. L'extraordinaire Portrait de la baronne Robert de Domecy est entré à Orsay en 1994. Roseline Bacou, « La Décoration d'Odilon Redon pour le Château de Domecy, 1900-1901 », La Revue du Louvre, 1992, n° 2, pp. 42 à 52.
2. Du cabinet Blondeau-Breton, avec une participation exceptionnelle du FRAM-Bretagne.
3. Le Symbolisme polonais en 2004 ; La photographie pictoraliste 1888-1918 du 18 octobre 2005 eu 15 janvier 2006.
4. Voir l'article consacré ici même à ce sujet, ainsi que la liste des dessins entrés au musée de Rennes.

Stéphane Paccoud nommé à la tête du Musée Boucher de Perthes d'Abbeville

10/5/05 – Nomination - Abbeville, Musée Boucher de Perthes - Stéphane Paccoud, jeune conservateur récemment émoulu de l'Ecole du Patrimoine, vient d'être nommé directeur du Musée d'Abbeville. Titulaire d'un diplôme d'études supérieures de l'Ecole du Louvre, il termine un DEA sur le peintre Alexandre Hesse. Spécialiste du XIXe siècle, il a participé à la monographie Carolus-Duran du Palais des Beaux-Arts de Lille en 2003 et sera co-commissaire d'une exposition sur la peinture basque à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle au musée Bonnat de Bayonne et au Museo de Bellas Artes de Bilbao, prévue pour 2007. Parmi ses stages, celui passé au Musée National de Cracovie lui a permis de travailler sur les liens entre art français et art polonais au XIXe siècle. Nous lui devons, sur ce site, un récent article : Considérations sur le romantisme polonais.
Le musée d'Abbeville s'est constitué à l'origine par la fusion des collections du préhistorien Jacques Boucher de Perthes (peinture ancienne, objets d'art et, bien sûr, archéologie) et du petit musée historique de la ville. Ultérieurement, plusieurs donations sont venues enrichir le fonds.
Outre l'archéologie (objets datant essentiellement du paléolithique) et un important cabinet d'histoire naturelle, on y trouve une section Beaux-Arts : nombreuses sculptures picardes des XVe et XVIe, tableaux flamands des XVe et XVIe siècle, toiles françaises du XVIIIe siècle (François Lemoyne, Largillière, Greuze, Joseph Vernet, ...) ainsi qu'un ensemble d'art décoratif (mobilier et céramiques du XVIe au XIXe). Les peintures du XIXe siècle (Gleyre, Dauzats, ...) sont actuellement en réserve et Stéphane Paccoud compte les mettre en valeur, en espérant que l'agrandissement du musée, envisagé depuis quelques années, pourra être mené à bien. Notons enfin la présence d'un riche fonds graphique du XIXe siècle, notamment d'aquarelles anglaises.
Le musée a enfin acquis en vente publique, il y a quelques semaines, un Portrait d'homme, de l'école française du XVIIIe siècle, représentant un fabricant de moquette d'Abbeville, don de la Société des Amis du Musée.

Rétrospective du peintre du XVIIIe siècle José Vergara à Valence (Espagne)

2/5/05 – Exposition - Valencia, Museo de San Pio V - Victime du discrédit qui a longtemps pesé sur l’art baroque, le XVIII e siècle des provinces espagnoles est sous-estimé et méconnu. Lors de la guerre de Succession d’Espagne, Valence choisit le camp des Bourbon, ce qui lui permit de devenir une ville prospère au XVIIIe siècle1. Parmi les artistes qui y travaillèrent, José Vergara (1726-1799) apparaît comme la figure la plus intéressante. Fils et frère de sculpteurs, il fut un peintre particulièrement prolifique au point, dit-on, qu’aucune église de Valence ou de sa région ne possède au moins une de ses peintures2. Il a commencé sa carrière sous le signe des artistes rococo présents en Espagne, c’est à dire Luca Giordano, dont Antonio Palonimo a diffusé l’exemple à Valence, et Paolo de Matteis3. N’étant jamais sorti de sa région, Vergara reçoit l’influence des créations romaines contemporaines et de Mengs, actif à Madrid au milieu du XVIIIe siècle, essentiellement de façon indirecte, notamment par les gravures. Signe de son ascension sociale, il est nommé en 1754, censeur des images pour la Sainte Inquisition, ce qui n’empêchera pas celle-ci, trente ans plus tard, de prononcer un décret d’excommunication pour son programme de la coupole de l’église paroissiale des Santos Joanes à Valence, et d’exiger des changements iconographiques à sa réalisation. Une autre œuvre importante de Vergara est la décoration de l’église San Juan Bautista de Chiva où il réalisa les fresques et les tableaux d’autels de 1769 à 1790 en trois campagnes successives. Après 1795, il a peint plusieurs retables pour les chapelles de la cathédrale de Valence. En 1753, à peine âgé de 27 ans, il fonde avec son frère et d’autres artistes, l’Académie de Santa Bárbara4, et peint comme morceau de réception Mentor avertit Télémaque des dangers de Calypso. Peu de temps après, à la mort de la protectrice, la reine Bárbara de Bragance, l’institution est dissoute. En 1762, les ex-académiciens valenciens sont reçus à l’Académie royale de San Fernando à Madrid et notre artiste donne, pour l’occasion, son ancien morceau de réception déjà cité. Entre 1765 et 1768, Vergara obtient le parrainage royal pour fonder à Valence une nouvelle Académie dite « de San Carlos », dont il devient directeur. Professeur exemplaire, José Vergara forma plusieurs générations de peintres.


1. José Vergara
Sainte Famille
Huile sur toile - 64 x 79 cm
Valencia, Museo de Bellas Artes
(dépôt de l'Accademia Reale di Belle Arti di San Carlos)


2. José Vergara
Etude de trois figures en buste
Huile sur toile - 51 x 64 cm
Madrid, Accademia Reale di Belle Arti di San Fernando

La critique a depuis longtemps jugé ses toiles assez banales alors qu’elle lui a reconnu de réelles qualités de fresquiste virtuose. Il était donc temps de faire le point, d’autant que parmi les œuvres citées dans la littérature ancienne, certaines ont été détruites pendant la Guerre civile, ou restent difficiles à apprécier à cause de leur mauvais état (c’est le cas du cycle de Chiva). Inversement d’autres tableaux sont réapparus. Son style est celui d’un retour au classicisme du XVIIe siècle, à Carrache et à Guido Reni (ill. 1), du moins tel qu’on pouvait l’imaginer à Valence vers 1750 à travers les estampes (les historiens français apprécieront, dans le titre de l’exposition, le terme de “classicismo dieciochesco” – classicisme du XVIIIe siècle - opposé en Espagne au “neoclassicismo davidiano” qui lui succède). Ses tableaux religieux présentent une manière porcelainée et nacrée, et un coloris extrêmement suave, avec des couleurs rares et pastels (ill. 2). A plusieurs reprises, il a réinterprété des compositions d'artistes valenciens anciens comme Joan de Joanes, Ribalta ou Ribera. Il existe quelques études de têtes, pour des personnages dans ses retables, mais tellement individualisées et traitées avec une matière très large, qu’elle laisse percevoir un trouble préromantisme (ill. 3). L’exposition actuelle, que lui consacre le Musée San Pio V, réunie près de 50 peintures qui proviennent des églises de Valence et de sa région, de Madrid, de Salamanque, mais aussi de la Cathédrale de Palma de Majorque. Plusieurs ont été restaurées pour l’occasion. Basé sur la thèse de David Gimilio, qui en assure aussi le commissariat, le catalogue est beaucoup plus complet, reproduit certaines fresques, plusieurs dessins et de nombreux documents d’archive inédits. Comme la plupart des maîtres actifs en province, Vergara a été obligé de répondre à la demande locale dans plusieurs types de commande : retables (ill. 4) et petites œuvres religieuses de dévotion, portraits, mythologie et allégories ; chacun de ces genres a droit à un essai à part dans le catalogue. Son activité de professeur et de théoricien est aussi étudiée.


3. José Vergara
Baptême de Clovis, 1792
Huile sur toile - 296 x 149 cm
Palma de Majorque, Cathédrale


4. José Vergara
Tobie et l'archange Raphaël
Huile sur toile - 265 x 162 cm
Chiva, Eglise San Juan Bautista

Michel de Piles

1. Contrairement à Barcelone, pro-autrichienne, qui a été punie et empêchée de se développer. La majorité des peintres de talent nés au XVIIIe à Valence n’y sont pas restés et ont fait carrière à Madrid : Mariano Salvador Maella, Vicente Lopez, Camaron y Boronat. Une exposition sur ce dernier artiste aura lieu au musée de Castellon dans les mois qui viennent.
2. Même la galerie espagnole de Louis-Philippe présentait un de ses tableaux. C’est aussi l’artiste espagnol ancien dont on connaît le plus grand nombre de dessins conservés.
3. Il existe plusieurs tableaux du peintre napolitain à Valence et à Alicante. Vergara avait été très impressionné par un carrosse peint par Noël-Nicolas Coypel lors du passage du marquis de la Mina à Valence.
4. Il y avait eu auparavant à Valence des Académies privée qui faisaient office d’écoles de dessin. L’une des plus notables est celle de Juan Conchillos, artiste aujourd’hui surtout connu pour ses dessins de nus académiques.

José Vergara 1726-1799. Del tardobarrocco al clacisismo dieciochesco,Valence, Musée San Pio V du 7 avril au 5 juin 2005, commissaire : David Gimilio Sanz.
Catalogue bilingue en castillan et en valencien, 324 pages, ISBN : 84-482-4022-7

Il faut signaler une autre publication récente, la monographie de Miguel-Angel Catala i Gorgues, spécialiste de l’histoire de la peinture valencienne qui a mené des recherches parallèles (à travers les archives conservées à l’Institut d’Etudes Historiques de Madrid qui conserve des documents rédigés par l’artiste).

Un nouveau tableau de Girodet pour le musée de Montargis

29/4/05 – Acquisition - Montargis, musée Girodet - Le musée de Montargis vient d'acheter un tableau d'Anne-Louis Girodet de Roucy Trioson, l'artiste dont il porte le nom.

Photo : cabinet Blondeau-Bréton

1. Anne-Louis Girodet de Roucy Trioson
Portrait du Docteur Trioson donnant une leçon de géographie à son fils
Huile sur toile - 101 x 79 cm
Montargis, Musée Girodet

La toile représente le Portrait de M. Trioson, docteur en médecine, donnant une leçon de géographie à son fils1(ill. 1). Elle est signée du monogramme ALGDR, et datée de 1803. Bien qu'elle soit mentionnée dans le catalogue du Salon de 1804 sous le numéro 211, elle n'y fut pas exposée et ne fut présentée au public qu'à celui de 18062. Elle avait figuré en 1936 à l'exposition Gros et ses élèves mais n'avait pas réapparu depuis, même si elle était connue par une photo3.
Le docteur Trioson était le protecteur de Girodet qu'il adopta tardivement en 1809 (l'artiste avait alors 42 ans). Son fils, Benoît-Agnès, dit Ruhehaus, mourut le 18 juin 1804 à l'âge de 13 ans. Deux autres tableaux par Girodet représentant ce dernier sont aujourd'hui connus : le Jeune enfant regardant des figures dans un livre, aussi conservé à Montargis, et le Jeune enfant étudiant son rudiment, du Salon de 1800, acheté par le Louvre en 19914.

Depuis une quinzaine d'années, Montargis a pu, sous l'impulsion de ses conservateurs successifs, acquérir plusieurs tableaux de Girodet : le Portrait de Mustapha du Salon de 1819, un paysage, Vue de Capri et une esquisse pour l'illustration d'Anacréon. Outre les œuvres de Girodet (des dessins sont également régulièrement achetés), la politique d'acquisition du musée est orientée dans deux directions, totalement cohérentes avec ses collections : les élèves de Girodet d'une part, la sculpture romantique d'autre part. Ce dernier ensemble a été créé autour du fonds d'atelier de Henri de Triqueti.
Photo : Galerie Talabardon & Gautier

2. Anne-Louis Girodet de Roucy Trioson
La Guerre et Bellone, Bacchus et Pomone, 1814
Fusain, estompe et traits d'encre brune - 68 x 27 cm
Compiègne, Musée national du Château

Notons enfin que le Musée national du château de Compiègne a acquis en 2004 deux grands dessins de Girodet5 (ill. 2 et 3), préparatoires aux écoinçons du plafond du Salon bleu, pièce faisant partie des appartements de l'impératrice Marie-Louise.
Photo : Galerie Talabardon & Gautier

3. Anne-Louis Girodet de Roucy Trioson
La Renommée et la Victoire, Putto tenant un arc et putto tenant un glaive, 1814
Fusain, estompe et traits d'encre brune - 68 x 27 cm
Compiègne, Musée national du Château

1. Le tableau a été acquis du cabinet Blondeau-Bréton.
2. Le véritable historique de ce tableau, ainsi que son sujet, ne sont connus que depuis 1999 grâce à l'étude d'Anne Lafont, « Girodet et Trioson : les tableaux de l’amitié », Revue de l’art, n° 123, 1999-1, pp. 47-56. Merci à Bruno Chenique de nous avoir communiqué les renseignements donnés dans cet article que nous n'avons pas consulté directement.
3. Cette photo avait été reproduite récemment dans le catalogue Nouvelles acquisitions du département des peintures 1991-1995, Paris, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 1996, p. 182.
4. Le Louvre s'est récemment enrichi spectaculairement de tableaux de Girodet. En 1994, un Portrait de jeune homme en chasseur ; une esquisse pour la Scène de déluge en 2001 et, en 2002, le célèbre Pygmalion et Galatée du Salon de 1819 conservé jusqu'à nos jours au château de Dampierre.
5. Acquis de la galerie Talabardon & Gautier.

Expositions József Rippl-Ronaï et Anna et Michael Ancher à Paris

28/4/05 - Expositions - Paris, Institut Hongrois et Maison du Danemark - Deux expositions, présentées chacune dans deux instituts culturels étrangers, permettent actuellement aux parisiens de mieux connaître trois artistes pour lesquels la venue à Paris à la fin du XIXe siècle a radicalement changé leur manière de peindre, les plongeant dans la mouvance post-impressionniste, et dont le retour au pays a ensuite modifié le développement de l’art dans leurs patries respectives.

RipplRonaiBordekicsi.jpg (37061 octets)

1. József Rippl-Ronaï
Scène de bordel
Huile sur panneau - 68 x 92 cm
Collection privée
© D.R.

Pour quelques jours encore, l’Institut culturel hongrois, à deux pas du Musée du Luxembourg, propose une mini-exposition de 12 œuvres du peintre nabi József Rippl-Ronaï (1861-1927) provenant d'une collection privée française et montrées pour la première fois au public. Soit 6 huiles et 6 pastels exécutés dans sa meilleure période entre 1890 et 1910 : des intérieurs et des paysages (les Grands Boulevards à Paris), un bouquet de fleurs, un beau Portrait de Gauguin très « Pont-Aven » et une Scène de Bordel (ill.1), caractéristique de sa manière au début du siècle, fragmentée et aux audaces de couleurs presque fauves, sur un sujet typique de la bohème de cette époque1.

Ancher - Femme.JPG (64701 octets)

2. Anna Ancher
Jeune femme près de la fenêtre du salon nord un soir d’été
Huile sur toile - 23,5 x 20,5 cm
Skagens Museum
© Helga Anchers Fond Photographe : Hans Peter Christoffersen

Alors que les peintres scandinaves retenaient de leurs séjours à Paris essentiellement les styles académique ou naturaliste à la Bastien-Lepage, Anna Ancher (1859-1935) fut l’une des premières artistes danoises à comprendre l'Impressionnisme. Après son séjour à Paris vers 1888-18892, elle fonda, avec son mari Michael (1849-1927), une colonie d’artistes à Skagen qui fut le principal foyer de modernité en Scandinavie dans les années 1880. Ceux-ci peignaient sur le motif, en compagnie de Peder Severin Krøyer, de façon rapide, en donnant une grande attention à la lumière solaire. S’ils ont aussi réalisé des toiles achevées et des grands formats, la manifestation de la Maison du Danemark, sur les Champs-Elysées, met l’accent sur leurs pochades et ébauches spontanées (ill. 2) qui proviennent de la maison du couple à Skagen, transformée depuis en musée.

1. On se souvient des grandes rétrospectives de Rippl-Rónai à Budapest et en Saint-Germain-en Laye, musée du Prieuré, en 1998 et à Bruxelles en 1999.
2. Elle travailla dans l’atelier de Puvis de Chavanne.


Les Rippl-Ronaï d’une collection privée : Institut Hongrois, 92, rue Bonaparte 75006 Paris. Du 5 avril au 2 mai 2005, du lundi au jeudi de 9h à 13h et de 15h à 20h et vendredi 9h à 13h et de 15h à 18h. Entrée libre.

Achat, par le Musée Thomas-Henry, d'une aquarelle et d'un tableau de Jean-Baptiste Isabey

20/4/05 - Acquisitions - Cherbourg, Musée Thomas Henry - Le musée de Cherbourg vient d'acheter, auprès de la galerie Talabardon & Gautier, une peinture et une aquarelle représentant toutes deux l'escalier du château d'Harcourt, dans l'Eure, par Jean-Baptiste Isabey.

Photo : Talabardon & Gautier


Photo : Talabardon & Gautier

1. Jean-Baptiste Isabey
Escalier de la tourelle du château d'Harcourt, 1822
Aquarelle sur papier vélin - 25,4 x 16,2 cm
Cherbourg, Musée Thomas-Henry


2. Jean-Baptiste Isabey
Escalier de la tourelle du château d'Harcourt, 1827
Huile sur toile - 64,5 x 44,2 cm
Cherbourg, Musée Thomas-Henry

Exécutée sur velin, ce qui lui donne l'apparence d'une miniature, technique dont l'artiste est coutumier, l'aquarelle (ill. 1) date de 1822 et reprend une composition qu'il avait traduite, deux ans plutôt, en lithographie. Cette estampe est une illustration des fameux Voyages pittoresques et Romantiques dans l'Ancienne France de Nodier et du baron Taylor, dans le volume consacré à la Normandie. On y voit un jeune couple dont l'homme aide la femme à descendre l'escalier du château. La toile (ill. 2), qui date de 1827 et fut exposée au Salon la même année, reproduit une nouvelle fois cette scène, avec quelques variantes1. Une tradition tardive y voyait Louis XIV et sa maîtresse Louise de la Vallière, dont l'histoire, contée par Madame de Genlis, eut un grand succès au début du XIXe siècle. Si le lieu où se déroule l'action ne fait aucun doute, l'identification des personnages est plus douteuse, les deux protagonistes n'ayant jamais séjourné au château d'Harcourt.
Isabey, élève de David, est surtout connu comme miniaturiste et dessinateur. Ses peintures sont extrêmement rares2. Le traitement très fini du tableau, le format modeste et le sujet évoquant une scène de l'histoire de France (même si l'identité des personnages n'est pas certaine) font de ce tableau un bon exemple du style Troubadour. L'achat de ces deux œuvres à sujet « normand » est un enrichissement notable pour Thomas Henry, un musée dont les collections remarquables (notamment pour les primitifs italiens) sont hélas bien mal mises en valeur dans le bâtiment moderne et particulièrement laid qui les contient.

Un important tableau du Baciccio pour le musée des Beaux-Arts de Caen

15/4/05 - Acquisition - Caen, Musée des Beaux-Arts - Récemment nommé au Musée des Beaux-Arts de Caen (brève du 10/2/04), Patrick Ramade vient d'acquérir pour ses collections une splendide toile de Giovanni Battista Gaulli, dit il Baciccio (ill. 1), auprès de la galerie Canesso, à Paris. Caen s'intéresse depuis près de quarante ans à la peinture baroque et on se souvient que dans l'exposition de 2003, Baroque, vision Jésuite, ce peintre y tenait évidemment une place de choix. Le musée conserve déjà une importante collection de peintures italiennes dont plusieurs tableaux romains (Andrea Sacchi et Andrea Pozzo, les deux autres grands décorateurs de la deuxième moitié du XVIIe siècle) et génois (Giovanni-Battista Castiglione, Bernardo Strozzi). Le Baptême du Christ de Baciccio, né et formé à Gênes mais actif à Rome, viendra renforcer harmonieusement cet ensemble.
Ce tableau, peint pour une destination encore inconnue, est peut-être le modello d'un tableau d'autel comme le laisse penser le format vertical cintré et la composition. Il s'agit d'une œuvre tardive, datable de la décennie 1690. Le style de l'artiste à cette époque, décrit par Maurizio Fagiolo dell'Arco, correspond parfaitement à la toile de Caen : « [...] la palette du peintre génois s'éclaircit par rapport à celle de ses premières années romaines, son modelé s'adoucit, ses compositions perdent de leur caractère proprement "baroque" [...] et son coloris devient moins chatoyant, au profit de tons nettement définis et vifs [...]. Baciccio semble bien se rapprocher de l'univers de Carlo Maratti, son grand rival, selon un style baroque "réformé" devenu plus sobre. »1

Photo : galerie Canesso

Giovanni Battista Gaulli
Le Baptême du Christ, vers 1690
Huile sur toile - 93 x 47,2 cm
Caen, Musée des Beaux-Arts

La France conserve plusieurs de nombreux tableaux de Gaulli, notamment des œuvres tardives comme le rappelait Arnauld Brejon de Lavergnée dans une notice du catalogue Seicento2 : les deux grandes toiles du musée Fesch d'Ajaccio : Joseph raconte son songe à ses frères et Joseph reconnu par ses frères, La querelle d'Achille et d'Agamemnon au musée de Beauvais, et enfin La Prédication de saint Jean-Baptiste du Louvre et plusieurs modelli (Toulouse, Ajaccio). Depuis l'exposition du Grand Palais de 1988, le Louvre a reçu en don de Fabrizio et Fiammetta Lemme Une bienheureuse abbesse recevant la communion des mains du Christ, esquisse dont la facture est très proche du tableau acquis par Caen, et une maquette pour une coupole a été révélée grâce à Marie-Christine Gloton (voir article).

A la foire de Maastricht, la galerie Canesso présentait, et décrivait dans le même catalogue, une première pensée pour le décor majeur de l'artiste, la partie centrale de la voûte du Gesu à Rome (ill. 2). Ce bozzetto a été acquis par le Princeton University Art Museum.

Baciccio - Gesu.jpg (46694 octets)

Giovanni Battista Gaulli
Le Triomphe du Nom de Gesù
Tempera, huile et encre marron sur
papier collé sur toile - 163 x 111 cm
Princeton, University Art Museum

Avalanche de nouvelles peintures françaises pour le Met

11/4/05 - Acquisitions - New York, Metropolitan Museum of Art - Ces trois dernières années, le Met s’est enrichi d’une vingtaine de chefs-d’œuvre de notre école qui sont venus compléter des lacunes de ce fonds considéré comme la collection française la plus importante hors de France. En qualité et en diversité, puisque les artistes classiques et les phares de l’Impressionnisme y sont représentés à part égale avec des artistes académiques (Cabanel, Cot, Henri Regnault …), que des œuvres-clefs des plus grands maîtres côtoient des tableaux d’historiens d'art. Jacob Bean et Lawrence Turcic avaient initié cette politique d'achats, dans les années 1970-1980, en choisissant des artistes moins attendus comme Doyen, Flandrin, Pils… Gary Tinterow est désormais en charge du département allant du XIXe au XXIe siècle. Un programme de réorganisation et de rénovation complète du département de peintures a été lancé en 2004.

1. Philippe de Champaigne
L'Annonciation
Huile sur panneau - 69,2 x 70,5 cm
New York, Metropolitan Museum
© Metropolitan Museum

De Philippe de Champaigne, le Met ne possédait qu’un Portrait d’Homme assez banal. Une exceptionnelle Annonciation (ill.1), commande d’Anne d’Autriche pour le Palais Royal en 1644 et à l’historique prestigieux1, a été acquise en 2004. On connaît de ce cycle marial, oublié pendant longtemps et mieux étudié depuis dix ans, cinq autres tableaux : le Mariage de la Vierge de Champaigne (Londres, Wallace Collection), la Circoncision et la Fuite en Egypte de Bourdon (tous deux au Louvre) et l’Assomption de la Vierge de Vouet (Reims). La composition classique et la lumière égale, caractéristiques de la peinture parisienne vers 1630-1640, l’apparentent, en format réduit, à trois autres Annonciations de l’artiste, de compositions légèrement différentes à chaque fois, au musée de Caen (vers 1633), à l’église paroissiale de Montrésor (1636), et à la Wallace Collection de Londres (1645). Enfin, le musée de Lille a récemment acheté une Naissance de la Vierge de Jacques Stella (voir brève du 4/6/04)

2. Jean-Baptiste Perroneau
Portrait d''Olivier Journu, 1756
Pastel - 58 x 47 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Sotheby's

Jusqu’ici absent des collections, Nicolas Lancret y figurera désormais par deux scènes tirées des contes de La Fontaine, La Servante justifiée et Les Oies du frère Philippe, de très petits formats raffinés peints sur cuivre (27,9 x 35,6 cm et 27,3 x 35,2 cm) . Deux pastels du XVIIIe siècle de premier plan ont aussi été obtenus : Le Portrait de Jean Charles Garnier d'Isle par Maurice Quentin La Tour2 et celui d’Olivier Journu par Jean-Baptiste Perronneau3 (ill. 2).

Pour le XIXe siècle, signalons les acquisitions suivantes :

3. Antoine-Jean Gros
Portrait de François Gérard, 1790
Huile sur toile - 56,2 x 47,3 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Metropolitan Museum

- Baron Antoine-Jean Gros, Portrait de François-Pascal-Simon Gérard (ill. 3) dit le Baron Gérard, 1790, don de Mrs. Charles Wrightsman, en 2002.

4. François Gérard
Portrait de Madame Charles-Maurice
de Talleyrand-Périgord, vers 1808
Huile sur toile - 225,7 x 164,8 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Sotheby's

- Baron François Gérard, Portrait de Madame Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, Princesse de Bénévent4 (ill. 4), acquis grâce au fonds Wrightsman en 2002.

5. François-Joseph Heim
Le Sac de Jérusalem par les romains
Huile sur toile - 35,6 x 38,1 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© D.R.

- une esquisse de François Joseph Heim, le Sac de Jérusalem par les romains (ill. 5). Ce tableau est longtemps resté sur le marché d'art parisien avant d'être acquis en 2002. Une version identique, légèrement plus petite, est conservée au Louvre.

6. Théodore Chassériau
Portrait de la Comtesse de La Tour-Maubourg, 1841
Huile sur toile - 132 x 94,5 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Sotheby's

- le Portrait de la Comtesse de La Tour-Maubourg par Théodore Chasseriau (ill. 6), acquis chez Sotheby's Paris le 27 juin 2002. Peint à Rome à la fin de l'année 1840 alors que l'artiste n'avait que vingt-et-un ans, il fut présenté au Salon de 1841 en même temps que le célèbre Portrait de Lacordaire du musée du Louvre. On trouvera sur le site de Sotheby's une notice très complète sur ce tableau.

7. Jean-François Millet
Fuite sous l'orage, 1845
Huile sur toile - 46,4 x 38,1 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Metropolitan Museum

- la Fuite sous l'orage (ill. 7) de Jean-François Millet, une petite toile datée vers 1845 et donnée par Sarina Tang and Peter M. Woods en 2002.

- un petit paysage synthétique, Extérieur d'un village, par Edmond Aman-Jean, vers 1880, très tôt dans sa carrière, lorsqu'il était un proche de Seurat.

Dans la famille Whitney, collectionner est une seconde nature. Wheloock Whitney III a découvert, il y a trente ans, les huiles sur papier de paysages exécutées sur le motif dans la première moitié du XIXe siècle et les esquisses de peintures d’histoire des petits maîtres néo-classiques et romantiques (l’un de ses musées préférés est le musée Magnin....). En 2003, il a donné, sous réserve d'usufruit5, une dizaine de ces études, complétant ainsi des achats dans le même esprit faits récemment par le musée (Edouard Bertin, Michallon, Bonnington ).

8. Alexandre-Hyacinthe Dunouy
Le Palais Royal et le port à Naples, vers 1780
Huile sur papier marouflé sur toile - 21,2 x 29,2 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Metropolitan Museum

- Alexandre-Hyacinthe Dunouy (1757–1841), Le Palais Royal et le port à Naples (ill. 8 ; acquis par Whitney sur le marché d'art parisien en 1990).
Denis - Nuages.jpg (31988 octets)

9. Simon Denis
Etude de nuages, vers 1800
Huile sur papier - 22,5 x 25,7 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Metropolitan Museum

- Simon-Joseph-Alexander-Clément Denis (1755–1813), Étude de nuages (ill. 9) vers 1800, huile sur papier, 22,5 x 25,7 cm (acquis par Whitney sur le marché d'art anglais en 1987).

- Jean-Victor Bertin (1767–1842) Paysage animé, huile sur bois, 36,8 x 47,5 cm (acquis par Whitney à la vente Bohnams du 2 décembre1974 pour 699 £).

10. Paul Flandrin
Vue de la Villa Torlonia à Frascati, au crépuscule
Huile sur papier - 22,5 x 30,2 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Metropolitan Museum

- Paul Flandrin (1811–1902), Vue de la Villa Torlonia à Frascati, au crépuscule (ill. 10 ; don de l'artiste à Eugène André Oudiné, acquis par Whitney sur le marché d'art new-yorkais en 1995).

- Jean-François Robert (1778–1832), La Tombe de Virgile à Naples, 1805 huile sur papier marouflé sur toile, 33 x 27 cm , (acquis par Whitney chez James Mackinnon en 2000).

- Attribué à Lancelot-Théodore Turpin de Crissé (1782–1859), Vue du Temple de Vesta à Tivoli, huile sur papier marouflé sur toile, 33 x 27 cm , (acquis par Whitney à la vente Bohnams du 19 janvier 1978).

- Attribué à Achille-Etna Michallon (1796–1822), Paysage avec un berger, 1821, huile sur toile, 32 x 40,6 cm, (Société des Amis des Arts, Paris, en 1821 ; vente Pierre Cornette de Saint-Cyr, Paris, en1987 ; acquis par Whitney).

- Jean Charles Joseph Rémond (1795–1875), Vue depuis le Palatin, Rome, 1821–25, huile sur papier marouflé sur toile, 32,4 x 27 cm , (acquis par Whitney sur le marché d’art parisien en 1981).

- André Giroux (1801–1879), Aqueduc en ruine, vers 1825-1830, huile sur papier marouflé sur toile, 16,5 x 21,6 cm, (atelier de l’artiste ; vente Giroux à l’Hôtel Drouot, Paris, le 2 7 avril 1970 ; Hazlitt, Gooden & Fox, London ; John Gere, Londres ; Hazlitt, Gooden & Fox, John Goelet ; acquis par Whitney en 1992).

- Adrien Dauzats (1804–1868), La Giralda de Séville ,vue des toits, vers 1836, huile sur papier marouflé sur toile, 206 x 30,2 cm (acquise par Whitney à la vente Christie's Londres, le 9 avril 1976 pour 400 £).

11. Louis-Vincent-Léon Pallière
Flagellation du Christ, 1816-1817
Huile sur toile - 45,7 x 30,5 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Metropolitan Museum

- Louis-Vincent-Léon Pallière (1787–1820), La Flagellation du Christ (ill. 11), vente Sotheby’s Monaco le 6 décembre 1987 (comme Henri-Joseph de Forestier).

- Vers 1830, Scène de la Révolution française, Huile sur toile, 29,2 x 59,7 cm - fragment -, (collection écossaise, acquis par Whitney en 1977).

12. Henri Lehmann
Etude de femme nue, 1840
Huile sur toile - 35,5 x 22,3 cm
New York, Metropolitan Museum of Art
© Metropolitan Museum

- Charles-Ernest-Rodolphe-Henri Lehmann (1814–1882), Etude de femme nue (ill. 12), signée et datée « Rome 1840 », dédicacée à Chassériau (acquise par Whitney sur le marché d’art en 1984).

Rappelons l'acquisition en 2004 par le Metropolitan Museum de la Vierge à l'enfant de Duccio, voir la brève du 10/11/04. Par ailleurs, de nombreuses œuvres d'autres écoles, acquises depuis 2001, ont été inclues dans la base acquisition.
Enfin, - véritable musée à l'intérieur du musée - les dizaines de chefs-d'œuvre des plus grands noms de l'Impressionnisme au début du XXe siècle, donnés par Walter et Léonore Annenberg sous réserve d'usufruit à la fin des années 1990, sont entrés définitivement en 2002.

1. Oratoire d’Anne d’Autriche au Palais royal (1644–1666) (probablement transféré à Fontainebleau de1651 à1666), Duc d'Orléans au Palais Royal, Cabinet de M Le Bas ; vente Paillet à Paris, la 10 mai 1793 ( 1370 livres ); Khiening (or König?), collections privées en Autriche, puis à Saint Petersbourg, à Gand ; Duc de Morny, Paris ; sa vente à Londres en 1846; collections privées, vente Fischer auctions à Lucerne du 8 au 16 Novembre 2003 (550 000 CHF) ; Adam Williams Fine Art, New York, 2003–04; vendu au Met.
2. Chez Colnaghi en 2002, provenant d'une collection privée française
3. Vente Sotheby's Paris en 2002, acquis chez Artemis en 2003
4. Collections Talleyrand, puis Baron Eschasseriaux, près de Béziers ; vente Sotheby's, New York, le 24 janvier, 2002, pour 1.877.500 $.
5. « The Whitney Collection, Promised Gift of Wheelock Whitney III, and Purchase, Gift of Mr. and Mrs. Charles S. McVeigh, by exchange ».
Le Burlington Magazine contre les projets du Louvre à Lens et à Atlanta

10/4/05 – Musées - Mondialisation - La prestigieuse revue anglaise The Burlington Magazine a pris, dans l'éditorial de son numéro d'avril, nettement position contre les essaimages du Musée du Louvre à Lens et Atlanta et du Musée National d'Art Moderne à Hong-Kong.
Après avoir rappelé la crise qui frappe le Guggenheim Museum (voir brève du 22/1/05) qui avait été le pionnier de ces pratiques, le Burlington rappelle que d'autres musées avaient suivi son exemple(l'Ermitage, le musée de Boston). Mais c'est aux projets du Louvre et de Beaubourg qu'il consacre la suite de cet éditorial. Il remarque que jusqu'à récemment, le Louvre était pourtant « resté admirablement à l'écart du cirque mondial » (« remained admirably aloof from the global circus ») et considère que l'opération d'Atlanta constitue un « précédent inquiétant » (« disturbing precedent »). Pour Beaubourg, il souligne que l'appel d'offre auquel ce musée va répondre sera, « inévitablement, en concurrence avec le Guggenheim ». Le Burlington explique que non seulement le gouvernement français soutient inconditionnellement ces projets, mais qu'il les encourage. Que l'Etat français soit le promoteur de cette mondialisation de ses collections et que cette décision provoque aussi peu de remous n'est pas sans étonner les éditorialistes.
La suite du texte est consacrée au « Louvre à Lens » et à l'antenne de Beaubourg à Metz. Considéré avec raison comme un avatar de la politique de décentralisation (dont le Burlington souligne qu'elle ne rencontre pas vraiment l'enthousiasme populaire), cette partie de l'éditorial mérite d'être traduite intégralement. « En particulier, le choix de Lens, une ancienne ville minière touchée par la crise économique, comme site du Louvre II est, sans complexe, idéologique. Que des nouveaux musées puissent agir comme un aiguillon pour le renouveau urbain a été largement démontré, des Halles à Paris, jusqu'au port de Bilbao, et des docks de Liverpool à la rive sud de la Tamise. Mais la régénération sociale et économique devrait toujours être un bénéfice induit par de tels projets, plutôt que leur justification première. Ce que ces bâtiments coûteux contiendront est, d'une manière inquiétante, très imprécis. »1
Après avoir rappelé que le Louvre et Beaubourg sont pourtant actuellement en « excellente santé » (« robust health ») et avoir listé les réussites récentes de ces deux institutions, l'éditorial se conclut ainsi : « Mais étant donné les contraintes administratives et de conservation que ces projets à long terme vont inévitablement entraîner, le danger est que, suivant l'exemple du Guggenheim, tant le Louvre que le Centre Pompidou aient de plus en plus de mal à maintenir leur prééminence actuelle. »2

Peu à peu, les opposants à cette politique font entendre leur voix. Que le Burlington Magazine s'exprime ainsi est important, car cet avis traduit l'opinion de la plupart des spécialistes sur ce sujet. On saluera également au passage la position courageuse de Laurent Salomé, conservateur en chef des musées de Rouen, qui, dans un interview paru dans le Journal des Arts du 25 mars dernier, ne cache pas, avec les précautions oratoires nécessaires pour éviter de froisser certaines susceptibilités, toutes les réserves que le projet de Lens lui inspire.

1. « In particular, the choice of Lens, an economically depressed former mining town, as the site for Louvre II is unashamedly ideological. That new museums can act as a spur to urban renewal has been widely demonstrated, from Les Halles in Paris to the port of Bilbao, and from the Liverpool docks to the south bank of the Thames. But social and economic regeneration should always be an ancillary benefit of, rather than the primary justification for, such projects. What these expensive buildings will actually contain is ominously imprecise. »
2. « But, given the additional curatorial and administrative demands that these far-flung projects must inevitably entail, the danger is that, pace the Guggenheim, both the Louvre and the Pompidou will find it more and more difficult to uphold their current pre-eminence. »
:iconkagekev:
oui

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forget me ...
:iconspot-the-tiger:
xD... Yen a qui ont que ça à fout' 8D

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(¯`·.(¯`·._.·[-Spot The TIGER-]·._.·´¯).·´¯)
De retour ! ^______^
:icondark-ninix:
te rvla 8D
OUAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS \O/

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I'm mad, you're mad !
:iconshu-silver:
T'es de retour? ^^ merci d'être passé chez moi en tout cas =p
:iconspot-the-tiger:
Hé oui ! Me rewalaaaaaaaaa !
Et je suis toujours autant fan des tes arts ;)

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(¯`·.(¯`·._.·[-Spot The TIGER-]·._.·´¯).·´¯)
De retour ! ^______^
:iconshu-silver:
Mici pour le fav, CiVo ;)
:iconspot-the-tiger:
De rien ! ^_____^
Ton dessin le méritait vraiment !

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(¯`·.(¯`·._.·[-Spot The TIGER-]·._.·´¯).·´¯)
De retour ! ^______^
:iconknockoff:
Happy Thanksgiving!

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